La télédermatologie permet d’apporter une expertise dermatologique à des patients éloignés des centres spécialisés, en particulier dans les zones sous-médicalisées. Elle s’appuie sur deux grandes modalités : le « store-and-forward » (envoi différé d’images cliniques et dermoscopiques accompagnées de l’histoire clinique) et la téléconsultation en direct par visioconférence.

Les données disponibles confirment son intérêt pour le triage : dans une analyse rétrospective de parcours de soins, 83,7 % des patients ont pu être pris en charge sans consultation en présentiel, avec des délais avant premier avis réduits à environ un jour contre plusieurs jours en filière classique. Pour les lésions suspectes de mélanome, plusieurs revues systématiques rapportent un raccourcissement net des délais diagnostiques sans dégradation de la performance diagnostique, bien que l’hétérogénéité des études empêche toute méta-analyse quantitative définitive.

Des travaux plus récents soulignent aussi les limites à ne pas négliger : variabilité de la sensibilité diagnostique selon les modalités d’image (de 42 % à 100 % selon les études), obstacles techniques et logistiques dans les zones rurales, et absence de données robustes sur le risque de retard diagnostique lié à la diminution des consultations en face-à-face. Ces éléments justifient un encadrement rigoureux, à l’image des standards de service publiés par les sociétés savantes.