L’intelligence artificielle transforme progressivement le diagnostic dermatologique, la formation médicale et l’accès aux soins. Une revue complète recense désormais quinze dispositifs d’IA approuvés par des autorités réglementaires à travers le monde, dont trois validés par la FDA aux États-Unis, principalement centrés sur la détection du mélanome et des cancers cutanés.

Les performances rapportées sont prometteuses mais à nuancer : une méta-analyse portant sur plus de 70 000 images de test rapporte une sensibilité regroupée de 0,91 mais une spécificité de seulement 0,64, avec une hétérogénéité importante selon les modalités d’image (cliniques, dermoscopiques ou smartphone) et les populations étudiées. Une méta-analyse comparant IA et cliniciens sur la classification des cancers cutanés confirme des performances globalement comparables, sans démontrer de supériorité systématique de l’IA en conditions réelles.

Un enjeu majeur reste l’équité : plusieurs revues soulignent que les modèles restent insuffisamment validés sur les phototypes foncés et les contextes à ressources limitées, où l’accès à un dermatologue est pourtant le plus réduit. Du côté des patients, les enquêtes montrent une certaine réticence envers un diagnostic entièrement automatisé sans implication du dermatologue, ce qui plaide pour une IA conçue comme un outil d’aide à la décision plutôt que comme un substitut à l’expertise clinique.