Une pratique dont la croissance a précédé l’encadrement

La télédermatologie a connu une expansion rapide, en particulier depuis la pandémie de COVID-19, souvent plus vite que ne se sont formalisés les protocoles encadrant sa pratique. Cette asymétrie a conduit plusieurs sociétés savantes à combler ce vide réglementaire au cours des dernières années.

Le travail de la British Association of Dermatologists

En 2023, la British Association of Dermatologists (BAD) a réuni un groupe de travail dédié incluant des utilisateurs du service et des parties prenantes de la télédermatologie, chargé d’élaborer des standards de service. Publiés en novembre 2024, ces standards précisent notamment les critères d’éligibilité des patients à une prise en charge à distance, les modalités d’information et de consentement du patient, et les indicateurs de qualité à suivre pour les structures proposant ce service.

Des bénéfices démontrés sur les délais de prise en charge

Les études s’appuyant sur ces protocoles rapportent une réduction mesurable des délais d’attente pour les consultations dermatologiques spécialisées, grâce à la prévention de rendez-vous inutiles en présentiel et à une augmentation du nombre de patients pouvant être pris en charge en toute sécurité sans consultation physique.

Une zone d’ombre reconnue par les auteurs eux-mêmes

Il est notable que le document de la BAD reconnaît explicitement une limite méthodologique importante : l’absence de données robustes sur un éventuel risque accru de diagnostic manqué ou retardé résultant de la diminution des consultations en face-à-face. Les auteurs appellent explicitement à des études comparatives supplémentaires sur les effets cliniques et médico-économiques de la télédermatologie appliquée aux référencements non sélectionnés de soins primaires.

En pratique

Ces standards de service peuvent être utilisés à tout stade de mise en œuvre d’un service de télédermatologie, qu’il s’agisse d’une structure hospitalière ou d’un cabinet, et fournissent une ressource de référence pour les organismes de soins (Integrated Care Boards, Health Boards) souhaitant structurer une offre de télédermatologie conforme aux bonnes pratiques actuelles.