Un arsenal thérapeutique qui s’est structuré en quelques années

La dermatite atopique et le psoriasis modérés à sévères disposent aujourd’hui d’un arsenal de biothérapies bien plus large qu’il y a une décennie, avec une méthodologie d’évaluation désormais standardisée (approche GRADE) permettant des recommandations précisément graduées selon le niveau de preuve.

Dermatite atopique : trois biothérapies, trois inhibiteurs de JAK

La mise à jour 2025 des recommandations de l’American Academy of Dermatology sur la dermatite atopique de l’adulte intègre désormais trois biothérapies (dupilumab, lebrikizumab, tralokinumab) aux côtés de trois inhibiteurs de JAK (abrocitinib, baricitinib, upadacitinib), ainsi que le tapinarof, le roflumilast en application topique et le nemolizumab. Ce dernier, un anticorps monoclonal ciblant le récepteur de l’IL-31, a obtenu son approbation FDA en décembre 2024 pour la dermatite atopique modérée à sévère insuffisamment contrôlée par les traitements topiques, chez les patients de 12 ans et plus.

Le lebrikizumab, une approbation transatlantique récente

Le lebrikizumab a été approuvé par l’Agence européenne du médicament (EMA) en novembre 2023, puis par la FDA américaine en septembre 2024 — un décalage calendaire qui illustre les différences de rythme entre agences réglementaires pour une même molécule, un point pratique à connaître pour la prescription selon le contexte géographique.

Hidradénite suppurée et psoriasis pédiatrique : les avancées les plus notables de 2025

Dans l’hidradénite suppurée, le bimekizumab a démontré une efficacité soutenue sur le long terme et une bonne tolérance dans les populations diverses évaluées. Dans le psoriasis, le guselkumab est devenu le premier inhibiteur de l’IL-23 approuvé pour un usage pédiatrique — une avancée significative pour une pathologie dont l’apparition précoce est associée à une charge psychopathologique plus importante que les formes à début tardif.

Ce qui se profile pour 2026

De nouvelles cibles thérapeutiques sont en développement pour 2026 : inhibiteurs oraux de l’IL-23 et de TYK2 pour le psoriasis, et inhibiteurs d’OX40/OX40L pour la dermatite atopique — deux voies qui pourraient encore élargir les options disponibles, en particulier pour les patients en échec ou en contre-indication des biothérapies actuelles.

En pratique

Cette expansion rapide de l’arsenal thérapeutique impose une actualisation régulière des connaissances, en particulier concernant les critères de choix entre molécules d’une même classe (voie d’administration, comorbidités associées, âge du patient) — des éléments qui dépassent le cadre de cette page et relèvent d’une discussion au cas par cas avec le patient.